IG Mag Archives #12 : The House of the Dead

Nés dans les salles de jeu à la fin des années 90, et présents par la suite dans les salons où les joueurs se défoulaient avec des pistolets en plastiques devant leur écran, les monstres de la série The House of the Dead ont fait le bonheur des amateurs de plaisirs purement arcade. Mine de rien, cela fait un bail que ces enquiquineurs sont présents dans l’univers du jeu vidéo et il fallait bien un petit dossier pour leur rendre hommage.

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Le début de l’invasion

Paru en 1997 dans les salles d’arcade sur carte Sega Model 2, le premier The House of Dead base son gameplay sur un autre jeu Sega : Virtua Cop (1994). Tout deux réalisés par le studio AM2, ils appliquent donc la même formule : l’utilisateur est sur des rails et on lui demande “juste” de bien viser et de ne pas mourrir sous les assauts de ses ennemis. C’est qu’on appelle un rail shooter. Bien évidemment, la borne offrait la possibilité de manier une arme “physique”, seul ou avec un ami, afin de se prendre vraiment pour un chasseur de zombies. Car oui, ici l’affrontement des flics contre les voyous laissent place à un univers plus glauque, infesté de morts-vivants et autres créatures bien glauques.

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Un mot tout de même sur le pitch, évoquant fatalement les films de série B (voire Z). Les joueurs se mettent dans la peau de deux agents travaillant pour le gouvernement américain et devant enquêter sur un drôle de manoir. Ce dernier abritant un laboratoire avec un responsable complètement dérangé : le docteur Roy Curien, un habitué des expériences scientifiques extrêmes. Mais lorsque les deux agents débarquent, il est déjà trop tard : zombies et monstres sont déjà en train de mettre la pagaille. Histoire de pimenter le tout, une jeune fille dénommée Sophie Richards est retenue prisonnière par Roy Curien. Et devinez quoi ? Celle-ci n’est autre que la fiancée d’un des deux agents.

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Massacre virtuel

L’action se déroule sur quatre chapitres et à la fin de chacun d’entre-eux, un vilain boss se dressera contre nos valeureux héros. L’écran défile donc automatiquement et la caméra fait en sorte de nous faire sursauter en multipliant les effets de surprises. Pour canarder tout ce qui bouge, il suffit de pointer l’arme sur l’écran pour viser et de shooter. Très fun, d’autant que les dégâts sont localisés. Par exemple, si l’on vise le bras d’un mort-vivant, le membre vole en éclat. Le plus drôle – et le plus sadique – restant bien sur de faire exploser la caboche de vilain mangeur de chair fraîche. Les points de vie du joueur sont indiqués par des lampes à huile en bas de l’écran avec, juste au-dessus, le nombre de balles restantes. Une fois le chargeur vide, il suffit de pointer son gun en dehors de l’écran.

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Si la caméra se déplace automatiquement, des itinéraires alternatifs sont tout de même présents. Régulièrement, il faudra porter secours à de pauvres êtres humains (le plus souvent des employés du labo) et le jeu comptabilise les personnes sauvées à la fin de chaque mission. Il faut également saluer l’efficacité du bestiaire, que l’on dézingue avec un plaisir non dissimulé. Si la plupart des assaillant sont des zombies (qui revêtent malgré tout plusieurs formes), on peut également se retrouver nez à nez avec d’horribles grenouilles, des araignées, des chauve-souris belliqueuses ou encore des larves bien repoussantes.

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L’horreur à l’ancienne

Les plus jeunes d’entre-vous doivent trouver les screenshots de The House of the Dead totalement ridicules et dépassés. Les personnages et les décors sont coupés à la serpe et les différents effets gore n’ont pas de quoi effrayer la génération Saw. Malgré tout, les papys du jeu vidéo gardent forcément des souvenir émus de la borne originale. La 3D était bien classieuse pour l’époque, et Sega était un précurseur dans le domaine (Virtua Fighter, ça vous dit quelque chose ?). En outre, la musique n’était pas en retrait, loin de là ! Elle servait à merveille l’action et donnait une patate d’enfer à cette virée macabre.

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Sans surprise, The House of the Dead fera par la suite un tour dans les salons, histoire de se faire grignoter la cervelle sans bouger ses miches du sofa. En toute logique, c’est la pimpante Sega Saturn qui s’y colle la première via une conversion parue en 1998 (suivra une mouture PC). Parmi les différences avec la borne originale, on remarque la présence de plusieurs modes spéciaux, dont un proposant divers personnages aux caractéristiques propres, ainsi que la possibilité de changer la couleur du sang (un procédé que l’on retrouvera dans les autres volets).

Deuxième service !

Flyer 2

En 1998, le studio AM2 remet le couvert avec un deuxième épisode qui fera une nouvelle fois sensation, peut être même plus que le volet original. Pourquoi cela ? Et bien tout simplement parce que cette nouvelle escapade en enfer tourne sur carte NAOMI. Bien plus puissante que celle utilisée dans The House of the Dead, elle affiche des graphismes rutilants. La claque est belle et bien là, y compris sur Dreamcast qui prendra rapidement le jeu sous son aile l’année suivante en exhibant une beauté tout aussi étincelante. L’action se déroule désormais à Venise et un agent du gouvernement américain est porté disparu. Les créatures du docteur Roy Curien y seraient-elles pour quelque chose ? C’est fort possible…

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Avec des graphismes et des musiques au top, The House of the Dead 2 s’impose comme un hit incontournable, un taulier du rail shooter. Jouissant d’une puissance graphique accrue, la mise en scène s’avère encore plus nerveuse et prenante. Cette séquelle donnera lieu à un spin off pour le moins déroutant : The Typing of the Dead. Sortit en 1999 en arcade, en 2000 sur Dreamcast et PC, le soft vous met à nouveau face aux zombies et leurs joyeux amis mais pour s’en débarrasser, nul besoin d’armes à feu. Non, cette fois-ci il faut taper les mots indiqués sur chaque ennemis, mots que l’on tape via un clavier, bien sur. Seul les japonais et les adeptes de la langue de Sheakspeare purent en profiter. The Typing of the Dead connaitra deux suites sur PC, en 2003 puis et en 2004.

On change son fusil d’épaule ?

Flyer 3

L’inévitable épisode 3 déboule dans les salles de jeu en 2002 et pour celui-ci, ce n’est pas le studio AM2 qui se charge du développement, mais Wow Entertainment, anciennement studio AM1. Une version console honore l’imposante Xbox en 2005. L’originalité de cette itération et de faire appel au fusil à pompe, dont la réplique sur les bornes fait un effet boeuf auprès des habitués. C’est aussi la première fois qu’aucun civil n’est en détresse. Ce troisième volet fait encore moins dans la dentelle et le bourrin de base peut s’en donner à coeur joie. Avec un nombre d’ennemis présent à l’écran revu à la hausse, The House of the Dead III est encore plus défoulant et violent que ses aînés.

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L’action se situe en 2019 et les zombies recouvrent le globe mais fort heureusement, des héros sont toujours là pour se dresser contre cette infamie. Même si l’intrigue tient sur un bout de ticket de métro, le jeu nous en apprendra plus sur le Dr Curien, ainsi que sur les raisons qu’ils l’ont poussés à faire toutes ces mauvaises choses. De plus, on retrouve bon nombre de têtes connues issues de la série, ce qui fait toujours plaisir. Sur le plan esthétique, cette suite en a dans le ventre, nouveau standard graphique oblige. L’ensemble reste très beau, aujourd’hui encore.

L’arrogance de la jeunesse

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Décidé à ne pas lâcher la franchise, Sega récidive en 2005 en arcade avec The House of the Dead 4 qui, contrairement à ses prédécesseurs, ne connaîtra aucune version console. Le studio AM2 revient aux affaires et va apporter un peu de nouveauté à cette saga, qui en avait quand même bien besoin. Le script nous fait faire un bon de 20 ans en arrière . De fait, le scénario se situe entre le deuxième et le troisième épisode. L’arme disposée sur la borne est pour la première fois fictive puisqu’elle mélange l’Uzi et le Mac 10. Il est également possible de balancer des grenades (via une seconde gâchette), bien pratique pour ventiler un peu son espace vital, d’autant que les zombies ont désormais un panel d’attaques plus étoffé. On retrouve aussi des embranchements dans les niveaux, très nombreux pour le coup. A noter la sortie en 2007 de The House of the Dead 4 Special, une attraction qui fait asseoir deux joueurs dans une pièce avec d’énormes écrans pour une immersion… totale.

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Changement de cap en 2009 avec The House of the Dead: Overkill, un volet développé par les anglais de Headstrong Games spécifiquement pour la Nintendo Wii (qui aura également doit à une compilation réunissant les épisodes 2 & 3) et qui a récemment connu un excellent portage HD sur PlayStation 3.

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Très certainement l’épisode le plus jouissif de la saga, Overkill bénéficie d’une atmosphère qui trouve racine dans les films d’exploitation des années 70 et dans le Grindhouse de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez. Dialogues cash et des hectolitres d’hémoglobine font de ce titre un véritable plaisir débridé pour gamers avertis. De plus, la jouabilité à la Wiimote ou au PlayStation Move se révèle tout aussi précise qu’avec les périphériques console d’antan.

Pub Overkill

Les spin-off

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Outre The Typing of the Dead, d’autres jeux dérivés ont vu le jour comme le flipper The Pinball of the Dead en 2002 sur Game Boy Advance, The House of the Dead EX en 2008 en arcade (et qui propose des mini-jeux dans une ambiance cartoon) et surtout Zombie Revenge en 1999 en arcade et sur Dreamcast. Les points communs avec The House of the Dead pullulent, à commencer par le nom pressentit à la base pour ce beat’em up : Blood Bullet: The House of the Dead Side Story.

Horreur dans les salles

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Tout comme tant d’autres jeux vidéo à succès, The House of the Dead a connu des mésaventures cinématographiques. En 2003 tout d’abord avec Uwe Boll à la barre, réalisateur germanique tristement célèbre pour la piètre qualité de ses films. Une suite, réalisée par Michael Hurst, sera produite pour la télévision américaine en 2005. Deux « choses » à éviter comme la peste.

Article publié dans IG Mag n.18.

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Une réponse à “IG Mag Archives #12 : The House of the Dead

  1. Honnêtement, je préfère la version Dreamcast à celles qui sont sorties sur les bornes d’arcade. En même temps, je n’ai jamais aimé les joysticks, LOL.

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